Spectacle familial et participatif

Mangez-moi

  • Du paléolithique à nos jours, notre humanité s'est construite au travers de rites, de découvertes, de conflits et de repas.
    L'histoire de l'humanité est indissociable de celle du fait de se nourrir : de la quête de nourriture - cueillette, chasse, élevage... aux différentes manières de l'accommoder : préparations, cuissons, assaisonnements, mode de conservations.

    Constituer des réserves a été une des premières sources d'inégalité entre humains : ceux qui avait des stocks de denrées avaient un avantage certain sur d'autres. Les courants religieux, philosophiques et politiques sont friands à ce sujet : du contrôle des populations au jeûne spirituel, de la domination de classe à l'émancipation par l'autonomie, les théories ne manquent pas.

    Pour y voir plus clair, nous devons remonter à nos origines communes : du chasseur-cueilleur à la domestication des céréales et du bétail, puis traverser l'histoire des tables :
    •la table égyptienne et son langage symbolique;
    •la table grecque et le partage;
    •la table romaine et la politique;
    •la table gauloise et sa grammaire multiple.

    L'église de moyen-âge réprimera la tradition culinaire populaire trop emprunte de désir : l'austérité sera de mise pour les puissants et la misère pour les gueux.
    Durant la période révolutionnaire a germé l'idée d'un service public de l'alimentation... que vite le libéralisme étouffera comme il a étouffé le glanage des châtaignes, emblème d'une alimentation populaire contre laquelle s'élève la bourgeoisie et l'Église avec la culture de la pomme de terre.

    Manger c'est ingérer quelque chose qui nous est étranger, faire du soi avec de l'autre, une opération risquée sur le plan biologique, culturel social, voir politique.
    Les modes de production et de transformation sont désormais basés sur des systèmes agro-industriels totalement déséquilibrés.
    Les mangeurs ne s'alimentent plus en fonction des saisons, des régions, de son milieu social, de ses convictions religieuses ou politiques, mais essentiellement en fonction des choix stratégiques des grandes firmes agro-alimentaires. En France, leurs poids est de 160 milliard d'Euros.

    Le mangeur actuel n'est plus influencé par la culture culinaire populaire; il est pris en sandwich entre l'agro-industrie et les injonctions diététiques contradictoires. Il finit par manger ce qu'on lui dit, voir ce qu'on lui donne en spectacle ou en rêve.
    Comme d'autres domaines de notre vie, notre goût s'est mondialisé. Sans compter les additifs que sont les exhausteurs de goût façonnent nos papilles et leurrent notre cerveau; ces substances chimiques, préservant les denrées de l'oxydation, varient la texture, la couleur, l'arôme des produits transformés et ainsi construise la culture alimentaire hors-sol des jeunes consommateurs.

     

    Coproductions et residences :
    - Ferme Dupuich - Mazingarbe.
    - Espace Bernard Marie Koltès - Metz - Université de Lorraine.
    - CA2BM : Communauté d'Agglomération des 2 Baies en Montreuillois.
    - Picardie des Châteaux.
    - CC Région Audruicq.

  • Texte : Sophie HEUX et NIcolas GRARD

    création musicale : Louise BRONX

    création graphique et vidéo : Lyne K

CONTACTS

Association Détournoyment

Maison des Services

71, avenue de Verdun

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Tél : +33(0)9 50 63 90 02

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Diffusion / production : Delphine BAUDOIN spectacles(a)detournoyment.com

Médiation culturelle : Odile DERONCE

mediation(a)detournoyment.com

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